
Festival Temps d’images
par Jean-Philippe DOAN VU
L’image sur la scène. Cette relation artistique, toujours en interaction, est au cœur de la version montréalaise du Festival international Temps d’images, dont la troisième édition se tient à l’Usine C du 19 février au 1er mars.
« Je pense que nous assistons à une sorte de nouvel art, mais nous n’avons pas encore de mots pour le définir », raconte le dramaturge Daniel Danis, porte-parole de l’édition montréalaise de Temps d’images, en parlant de la programmation du festival qui croise l’image et la scène théâtrale. Cette interaction est présentée sous forme de spectacle ou encore d’installation. L’utilisation de l’image, qui peut être créée en temps réel ou projetée, n’est pas uniquement décorative, mais elle est en constante relation avec le corps humain sur scène. Sylvie Teste, co-directrice artistique du festival de Montréal, raconte que Temps d’Images s’intéresse à une autre façon, plus innovatrice, de raconter une histoire. Les artistes utilisent souvent l’image pour nous situer dans le temps, soit pour nous faire revenir en arrière ou pour nous amener plus vite dans le temps. « Ça change totalement le jeu des artistes sur scène. Qu’ils soient plasticiens, chorégraphes, vidéastes, réalisateurs ou metteurs en scène, tous utilisent leur discipline en interaction ou en confrontation avec l’image en mouvement », explique-t-elle.
Un festival international
Ce festival entre dans un cadre international réunissant également neuf pays d’Europe tels que la France, l’Italie et la Belgique. C’est en 2002, en France, que le théâtre La Ferme du Buisson, en collaboration avec la chaîne de télévision franco-allemande ARTE, crée la première version de Temps d’Images. Avec les années, plusieurs pays d’Europe se sont joints au festival et c’est en 2006 qu’il fait son apparition à Montréal. Les éditions étrangères du festival sont indépendantes les unes des autres. Indépendantes dans la ligne artistique, dans les créations et dans les équipes. Elles entretiennent cependant des liens dans le contenu, et l’esprit de l’interaction entre l’art scénique et l’image reste la ligne directrice de chacun. Montréal a mis l’accent sur l’encouragement des jeunes artistes et leur offre cette année un volet « Temps d’école d’images ». Les organisateurs invitent quatre jeunes provenant des offices internationaux de la jeunesse de la France, de la Belgique, du Mexique et du Québec à venir présenter leur création pendant dix jours. Durant le festival, on peut aussi voir deux chantiers, où certains artistes travaillent leurs créations en direct, dévoilant le processus de création. Le premier est intitulé Bipolaire, mis en scène par Emmanuel Sévigny et joué par Marie Brassard. Le second, Auto Playback, est une collaboration entre Jérôme Minière et le vidéaste Dan Popa.
« Ce festival s’adresse vraiment à un public diversifié, qu’il soit amateur de théâtre ou d’art expérimental », précise Sylvie Teste. Cette année, on pourra y voir le Belge Jan Fabre, un des artistes les plus avant-gardistes et multidisciplinaires de la scène internationale, en première à Montréal. Il y présentera son œuvre, l’Ange de la mort, en hommage à Andy Warhol, œuvre composée de danse et de projections.
Festival Temps d’images, du 19 février au 1er mars, à l’Usine C, 1345, av. Lalonde.
www.usine-c.com