Musique

ÉMILIE PROULX

Nicholas Lavallée

Dans une ville endormie
(La Confiserie)
par Nicholas Lavallée

Émilie Proulx est une nouvelle venue sur l’étiquette La Confiserie, la branche de GSI Musique qui se concentre sur les artistes indépendants. Son premier EP, Dans une ville endormie, est le journal intime d’une dépressive qui livre ses pensées. Mais, dans ce cas-ci, ce n’est pas un défaut. Émilie Proulx a écrit les cinq chansons à la première personne. Sa poésie conjugue pleurs, peurs et isolement sans tomber dans le piège de la redondance. Sur Des horreurs au hasard, sa plume s’apparente à celle de Fred Fortin.

Pour mettre en musique sa mélancolie, l’artiste a usé de sobriété. Les mélodies sont pleurées sur une guitare acoustique accompagnée d’une basse, d’un piano, d’une batterie et parfois de violoncelles. Mis à part la batterie, Émilie Proulx a enregistré tous les instruments en plus de réaliser elle-même l’album. Sa voix, un peu basse, rappelle celle d’Annick Jean. Afin de rendre justice aux textes, Émilie Proulx chante de façon quasi-monotone sur tous les titres. Toutefois, elle déploie sa voix sur les chœurs, démontrant ainsi un registre plus élargi.

Étant donné le caractère très personnel de l’œuvre, Dans une ville endormie demande quelques écoutes avant de visiter pleinement sa ville endormie. Les images noires et froides en ralentissent l’accès mais la force d’interprétation de l’artiste confère au disque une grande sincérité. L'auditeur est plongé dans un coma serein, comme le suggère le titre Le calme du temps qui s'arrête. Émilie Proulx est encore jeune et démontre une habilité pour la composition. Elle pourrait surprendre lors d’un premier album.

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