BULLETIN DE MI-MANDAT DES OFFICIERS DE LA FAÉCUM : Verdict QL

Maude L'Archevêque

Les Mercenaires

par Maude L'ARCHEVÊQUE

Ils sont arrivés à l’UdeM à l’automne 2005, fraîchement sortis du cégep ou d’une année à la FECQ, avec ou sans diplôme. Forts de leur expérience aux Cégeps du Vieux-Montréal, de Rosemont ou de Maisonneuve, ils avaient ainsi – a-t-il semblé au Congrès de mars 2006, qui les a portés à la tête de la Fédération – formé une expertise du militantisme qui compensait pour leurs jeunes années et qui justifiait qu’on leur confie les destinées de la Fédération pour 2006-2007.

Qu’importe s’ils avaient passé moins d’un an à l’UdeM? Qu’importe s’ils n’avaient jamais vu une grande campagne de l’intérieur de l’Université de Montréal, s’ils n’y avaient pas sacrifié un mouton ou fait un chemin de croix? Ils étaient des professionnels du mouvement étudiant, leur certification «FECQ» étampée au front garantissant des campagnes efficaces et bien huilées. Certains, dont l’auteure de ces lignes, craignaient que le Bureau exécutif ainsi formé ne soit bien homogène (5 nouveaux venus pour 3 «vétérans»); militant d’abord, accessoirement étudiant. Un B.E. éloigné des préoccupations des étudiants de l’Université de Montréal, pas par manque d’intérêt ou d’écoute, mais par manque d’expérience de cette chose essentielle qui, croyaient-ils sans doute, n’avait plus de secrets pour eux : le terrain.

On a vu ce que ça donnait dans la campagne contre les frais technologiques, une campagne poussée d’en haut par le Bureau exécutif et reçue dans l’indifférence par les étudiants. Le B.E. a, à plusieurs reprises, tenté de mimer des actions qui avaient connu plus de succès pendant la grève de 2005. Cette tente installée sous la tour du pavillon Roger-Gaudry – et n’y tenant pas même 24 heures – n’était qu’une pauvre caricature de celle qui nargua pendant près d’un mois le ministère de l’éducation, rue Fullum. Sans parler du recyclage de la métaphore hivernale du sapin qu’on se fait passer et des actions dites «créatives» à la symbolique douteuse qui suscitèrent assez peu d’enthousiasme chez ces étudiants que l’on cherchait désespérément à mobiliser. Ils auraient dû sentir que leur outrage n’était pas partagé. Que des arguments enfantins et pleurnichards comme «Le recteur ne nous écoute pas» n’allaient pas toucher une population étudiante qui, à tort ou à raison, ne se sent pas écoutée par la FAÉCUM.

La mécanique des actions se poursuit. On se prend un peu naïvement à espérer que le Bureau exécutif réalise que la masse des étudiants ne se sent pas touchée par cette campagne et ne souhaite pas particulièrement s’y impliquer. À espérer que le B.E. demande bien humblement aux associations étudiantes la permission d’arrêter cette campagne qui ne semble aller nulle part et qui ralentit tout le reste.

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