Du mouvement, étudiants !

Alexandre Cayla

L’œuf ou la poule

Alexandre CAYLA


Est-ce l’œuf ou la poule qui exista en premier? En fait, la réponse importe peu, car au-delà des angoisses existentielles que soulève cette question, il s’agit surtout d’une métaphore pour illustrer la difficulté à déterminer la cause et la conséquence d’une situation donnée. D’ailleurs, ce questionnement s’applique à la participation étudiante à l’Université de Montréal.

Les étudiants de l’UdeM disposent d’une des plus fortes associations au Québec. Or, leur participation est lamentable. Lors du dernier grand exercice démocratique organisé par la FAÉCUM, soit le référendum de novembre dernier, seulement 20 % des étudiants se sont déplacés pour voter. Paradoxal, non ? Alors, qu’ils disposent d’une des meilleures machines pour promouvoir leurs intérêts, ils décident de ne pas l’utiliser.

Une démocratie anémique est l’un des pires maux qui puisse accabler une fédération étudiante, car cela mine la légitimité de ses actions futures. Qui la croira quand elle dira parler au nom de ses étudiants? Ou quand elle dira qu’une majorité d’étudiants s’oppose au dégel ? Un calcul rapide démontre que 66 % des votes contre le dégel lorsqu’il n’y a que 20 % de participation équivaut en réalité à 12 % du total des étudiants. Dans une telle situation, même si l’on admet que « qui ne dit mot consent », aucune association étudiante ne pourrait dire sans gêne que ses étudiants l’appuient.

Que faire?

Le mouvement étudiant est fragilisé par cette situation. Mais, doit-on blâmer les étudiants pour leur indifférence ou plutôt leurs représentants pour ne pas solliciter suffisamment leur participation ? Pour David Lacoste, délégué aux communications de l’AÉSPÉIUM, « la FAÉCUM [les] prend pour des cons. La dernière fois qu’ils sont venus nous voir c’était pour qu’on applaudisse un discours, pas pour avoir notre opinion ». Le problème serait donc ailleurs : dans l’absence d’échange entre représentants et représentés.

Théoriquement, comme la FAÉCUM est une fédération, les décisions sont prises par les représentants. Or, il est très difficile de tenir une assemblée générale pour chaque thème abordé. Les décisions prisent délégués reflètent plutôt leurs opinions que ceux de leurs membres. Les étudiants ne connaissent les résultats qu’a posteriori lorsqu’ils reçoivent les directives à mettre en œuvre.

Des élections ouvertes donneraient aux étudiants un contrôle qu’ils n’ont pas actuellement, en se prononçant sur des programmes électoraux, ils auraient la possibilité d’avoir leur mot à dire. Or, à l’heure actuelle, ils n’ont même pas cette possibilité et l’on s’étonne de leur faible participation ? Alors, qui de l’œuf ou de la poule est arrivé le premier ?

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