Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Camil Bouchard, connaît un début de campagne fort occupé. Ce défenseur du gel des frais de scolarité estime qu’il importe d’augmenter le taux de diplomation afin, notamment, de contribuer au développement économique et social de la province.Propos recueillis par Marie-Michèle GIGUÈRE
Quartier Libre : Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois se livrent ces jours-ci une véritable joute de chiffres et de déclarations en ce qui a trait au financement des études post-secondaires. Que propose votre parti ?
Camil Bouchard : Il faut un réinvestissement majeur en éducation. Notre parti propose d’y mettre 1,1 milliards supplémentaires en 5 ans et ce, en plus des frais de système. Pour le poste secondaire, c’est-à-dire le cégep et les universités, c’est 450 millions de réinvestissement, après les frais de système. L’idée, c’est de faire en sorte que le taux de diplômes décernés au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat augmente. Nous avons besoin de jeunes bien formés, bien outillés, qui pourront contribuer au développement économique du Québec. Pour cela, il faut aussi arriver à soutenir l’ensemble du réseau : on a un magnifique réseau sur l’ensemble du territoire et il faut le développer de manière cohérente.
Q. L. : Votre parti a pris position en faveur du gel des frais de scolarité. Comment conciliez-vous cette position avec le besoin de financement en éducation post-secondaire?
C. B. : D’abord, il faut situer le gel dans la trajectoire historique de l’accessibilité aux universités. Le gel a été instauré pour encourager les inscriptions et diminuer le retard [de fréquentation des universités] que nous avions a par rapport aux pays de l’OCDE. Deuxièmement, compte tenu de la façon dont le programme de prêts et bourses est organisé, une hausse des frais de scolarité impliquerait une augmentation de l’endettement de plusieurs étudiants. D’autant plus que si l’on veut adopter une attitude pro famille, on ne veut pas que les jeunes parents s’endettent davantage. D’autre part, on sait que beaucoup de jeunes dépendent de leurs parents pour financer leurs études : l’augmentation des frais de scolarité, ça ne touche donc pas seulement les étudiants. Moi, je me soucie surtout de la classe moyenne : les plus pauvres sont relativement protégés par le système de prêts et bourses.
Q. L. : Au cours des dernières campagnes électorales, plusieurs ont eu l’impression que la question de la souveraineté avait été évacuée du discours du Parti québécois. Ça ne semble pas être le cas cette fois-ci. Pourquoi ?
C. B. : Quatre mots résument bien les grandes préoccupations de notre parti : pays, environnement, économie et éducation. Notre parti souhaite construire un pays, bâtir un pays solidaire et prospère. Bien sûr, la campagne en est teintée.
Q. L. : Qu’en est-il de la réforme du mode de scrutin? Est-ce encore une préoccupation au Parti québécois ?
C. B : C’est un dossier qui nous habite constamment. Dans notre cas, surtout, quand on pense à un Québec souverain, on en vient à se représenter de manière différente la représentation à l’Assemblée nationale. Avant de s’engager plus loin, il faut toutefois voir à quoi ressemblerait une architecture de la décentralisation.