Catholicisme vietnamien
Par Awa DEMBELE-YENO
Au Viêt-nam, la cathédrale pagode dans la ville de Phát Diêm constitue un arrêt obligatoire pour les touristes férus d’architecture religieuse. Ce bâtiment est un symbole de pérennité pour la minorité catholique. Laurence Monnais-Rousselot, professeure agrégée au département d’Histoire de l’Université de Montréal, précise que la communauté existe depuis la fin du 16ème siècle ou le début du 17ème. «Actuellement, les catholiques constituent de 9 à 10% de la population vietnamienne, ce qui est considérable», indique-t-elle. Au 18ème siècle, une succession d’évènements houleux – tels la Querelle des Rites et la Guerre des Clans – ont affaibli le mouvement. Pour Laurence Monnais-Rousselot, cela s’est traduit par «un affaiblissement du mouvement de conversion, mais aussi par une persécution reliée à la volonté de la papauté d’imposer un catholicisme strict. Cependant, poursuit-elle, pour beaucoup, le catholicisme sera une réponse [à cette persécution]. Le mouvement reprendra donc de l’ampleur, malgré l’opposition politique du gouvernement».
Épineuse tolérance
Parler de liberté religieuse au Viêt-nam demeure épineux. Notamment en raison du rôle central de l’État en tant qu’«instance d’autorité et de référence dans le champ des pratiques cultuelles», explique Monique Sélim, anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement à Paris. Cependant, Mme Monnais-Rousselot estime que la tolérance religieuse s’est accrue depuis 1975, année de l’installation de l’administration communiste. À cette époque, «la religion n’avait pas droit de cité. Maintenant tout le monde peut aller à l’église sans craintes, ce qui n’a pas toujours été le cas… même si les prêtres sont toujours obligés de suivre des cours sur le marxisme-léninisme».
En 1704, le pape Clément XI décide d’interdire la pratique de rituels ancestraux chez les catholiques asiatiques suite à plusieurs discussions à Rome sur le sujet. En Asie, cette décision entraînera la persécution des catholiques et l’interdiction de prêcher le christianisme.
Guerre des clans
En 1527, le Viêt-nam se sépare en deux royaumes, le Nord revient au clan des Trinh et le Sud au clan des Nguyên. En 1771, trois frères originaires du village de Tây Son, au Sud du pays, entament une révolte, qui se transforme en guerre civile menant au renversement à la fois des Trinh et des Nguyên.